Nutrinet Santé est une étude dite de cohorte prospective (c’est-à-dire portant sur un groupe de sujets suivis pendant plusieurs années) réalisée sur une large population (500 000 participants : les Nutrinautes) et suivie pendant une période d’au moins 5 ans pour étudier les relations nutrition-santé et mieux comprendre les déterminants (biologiques, sociaux, culturels, économiques, sensoriels,…) des comportements alimentaires.De nombreux travaux cliniques, physiopathologiques et épidémiologiques, suggèrent que des facteurs nutritionnels peuvent avoir une influence sur l’incidence de certaines pathologies : cancers, maladies cardiovasculaires, obésité, diabète de type 2, dyslipidémies, hypertension artérielle. Ces pathologies constituent les grands problèmes de santé publique auxquels nous sommes confrontés en France, comme dans l’ensemble des pays industrialisés. S’il est impossible d’agir sur les facteurs génétiques, on peut cependant agir sur l’alimentation : Ces pathologies sont des maladies multifactorielles dans lesquelles interviennent des facteurs génétiques, biologiques, environnementaux et notamment nutritionnels. Il est difficile d’évaluer le poids relatif des facteurs nutritionnels, mais il est possible d’agir sur ces derniers, à la différence des facteurs génétiques. Identifier des facteurs de risque ou de protection liés à la nutrition est donc essentiel pour aider à établir des recommandations nutritionnelles visant à réduire le risque de ces pathologies et améliorer la santé des populations.
L’importance de l’épidémiologie nutritionnelle dans l’étude des relations nutritionsanté : L’épidémiologie nutritionnelle occupe une place importante dans l’étude des relations nutritionsanté. Des études épidémiologiques comme SU.VI.MAX en France (essai d’intervention), les cohortes EPIC en Europe ou sur les professionnels de Santé aux USA (études d’observation) ont contribué à faire progresser les connaissances sur le rôle de certains aliments dans le risque de cancers ou de maladies cardiovasculaires. Bien que de nombreux travaux existent, des problèmes de méthodologie ou de puissance statistique limitent les conclusions des études épidémiologiques.
Les études cohortes *(1) : la solution pour évaluer le rôle des facteurs nutritionnels : Pour pouvoir mettre en évidence le rôle spécifique des facteurs nutritionnels (aliments, nutriments, comportements, activité physique…), il est indispensable de développer des études de cohortes prospectives portant sur de très grandes populations pour lesquelles sont mesurés de façon précise les apports alimentaires et collectant les informations utiles permettant de contrôler un maximum de facteurs de confusion potentiels, grâce à un phénotypage* fin des sujets. Les grands enjeux de santé publique, en France, dans lesquels interviennent des facteurs nutritionnels :
Les cancers sont la première cause de décès chez les hommes et la deuxième chez les femmes. Le cancer représente près de 30 % des causes de décès provoquant la mort de plus de 155 000 individus. Le nombre annuel de nouveaux cas a presque doublé en 25 ans. Les maladies cardiovasculaires sont la cause de plus de 28% du total des décès, correspondant à environ 150 000 décès par an, parmi lesquels 24% sont dus à un accident vasculaire cérébral. L’hypertension artérielle concerne 31 % de la population adulte (18-74 ans) et cette prévalence augmente avec l’âge touchant 66 % des plus de 50 ans.
La prévalence du surpoids et de l’obésité est en constante augmentation. Actuellement, près de 50% de la population adulte de 18 à 74 ans est en surpoids, dont 18 % au stade d’obésité. La prévalence du diabète est de 3,8% dans la population générale (91% sont des diabètes de type II) et en augmentation constante.
En 2003, on comptait 770 000 personnes âgées de plus de 75 ans atteintes de démence. L’accroissement de cette prévalence par tranche d’âge joint au vieillissement de la population et à la durée de la prise en charge, font des démences des personnes âgées, et notamment la maladie d’Alzheimer, un problème crucial de santé publique dans les années à venir. Chaque année en France, 130 000 femmes sont victimes d’une fracture causée par l’ostéoporose. On estime que ces traumatismes touchent 40 % des femmes et 14 % des hommes de plus de 50 ans. Public cible, Méthodologie, …
Nutrinet concerne des adultes de plus de 18 ans, dont au moins 250 000 sujets de plus de 45 ans, recrutés par une vaste campagne nationale grand public lancée en mai 2009, relayée par de nombreux canaux. L’inclusion dans la cohorte sera permanente pendant 5 ans. L’appel au volontariat vise à recruter des sujets bénévoles « acteurs de la recherche et de la santé publique » contribuant au progrès des connaissances scientifiques.
La méthodologie de l’étude NutriNet-Santé, sa taille d’échantillon, le contrôle de facteurs de confusion majeurs (obésité, activité physique,…) permettront d’aboutir à des résultats qui renforcent (ou non) la plausibilité du lien entre consommation d’aliments ou de nutriments et santé, lorsque existent des hypothèses mécanistiques. L’étude NutriNet- Santé permettra également d’identifier le rôle de certains nutriments, aliments ou comportements alimentaires (et comportements liés aux modes de vie), non encore connus ou reconnus dans la littérature scientifique, comme pouvant moduler le risque de maladies, la qualité de la santé ou étant associés à la mortalité.
D’autre part, l’utilisation de méthodes statistiques, a priori, qui prennent en considération une approche globale de l’alimentation, permettra de valider ou d’optimiser, au travers de scores, les bases servant de support aux recommandations nutritionnelles existantes. Les approches a posteriori permettront quant à elles d’identifier de nouveaux comportements associés à un moindre risque ou, au contraire, à une augmentation du risque pour la santé, et permettront de proposer de nouvelles pistes pour les recommandations nutritionnelles de populations. Des ambitions à la hauteur des enjeux : une base de donné exceptionnelle sur la nutrition et la santé
La finalité de cette étude est de mieux comprendre les relations entre la nutrition et la santé, et de connaître les déterminants des comportements alimentaires.
1. Etudier les relations entre les apports en nutriments, aliments et comportements alimentaires et : la mortalité globale et spécifique (par cancer ou maladies cardiovasculaires) ; et l’incidence des cancers, des maladies cardiovasculaires, de l’obésité et du surpoids, du diabète de type 2, de l’hypertension artérielle, des dyslipidémies, du syndrome métabolique et de la qualité de vie. 2. Etudier les déterminants (sociologiques, économiques, culturels, biologiques,…) des comportements alimentaires, de l’état nutritionnel et de l’état de santé. 3. Surveiller dans le temps l’évolution des apports alimentaires et de l’état nutritionnel de la population. 4. Evaluer l’impact de campagnes ou d’actions de santé publique (connaissance, perception, efficacité,..).
Par l’accès à une large population au niveau national, par la quantité et la qualité des données collectées et par la capacité d’intégrer « à la carte » de nouveaux questionnaires (sur toute la population ou sur des sous-échantillons), l’étude NutriNet-Santé permettra de constituer une gigantesque base de données sur la nutrition et la santé de la population vivant en France et sera une des plus grandes bases de données épidémiologiques dans le champs de la santé dans le monde. Source : Dossier de presse « Etude nutrinet-santé » mis en ligne sur le site du Ministère de la Santé et des Sports
*(1) cohorte prospective (c’est-à-dire portant sur un groupe de sujets suivis pendant plusieurs années) réalisée sur une large population.
* (2) Phénotypes : ce sont les caractéristiques mesurables accessibles « visibles » (par exemple l’alimentation, le mode de vie, les habitudes tabagiques, les données socio-démographiques, état de santé, état nutritionnel).
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